Des confidents amicaux aux requins de négociation

Le rôle des agents de droits et des agents d’auteurs a beaucoup changé au cours des dernières années. Il y a 10 ans, les à-valoirs d’un titre prometteur pouvaient facilement atteindre des centaines de milliers de dollars sur le marché international – les livres avaient alors une valeur financière et économique importante, ce qui n’est plus autant le cas depuis le début de la dernière crise économique. Entre 2000 et 2008, les éditeurs ont tenté de rester optimistes, investissant bien souvent dans plus de titres qu’ils ne pouvaient réellement se le permettre, avant de finalement restreindre leurs acquisitions et réduire la valeur de leurs offres, reléguant ainsi le livre au rôle d’atout culturel plutôt qu’acteur économique. Pour un auteur, la personne la plus importante était auparavant son éditeur, qui travaillait avec lui dès l’étape de l’écriture, mais qui se comportait également toujours comme un confident, ou même un thérapeute dans le cas d’un « writer’s block ». Aujourd’hui, les maisons d’éditions réduisent leurs effectifs et le marché du livre a connu une chute énorme au niveau financier et en terme de chiffres de vente. Alors comment s’y adapter ? On pourrait dire que le marché international s’est personnalisé. Il est important de se faire connaître, d’avoir des relations et de se rencontrer personnellement, notamment pendant les foires internationales du livre à London, à Pékin, à Bologne ou à Frankfort. Les à-valoirs importants se font rares ; les droits d’un titre de Dan Brown peuvent se vendre à un million d’euros sur le marché international, mais les ventes n’iront pas justifier cet investissement par la suite. Cela peut arriver dans...

POURQUOI CÉDER LES DROITS EN SOUS-LICENCE ?

Cette semaine, j’ai posé une question que j’ai trouvée pertinente à notre conseiller senior et fondateur de l’agence, Monsieur Claude Choquette. Je voulais tout simplement comprendre dans quelle mesure il peut être bon pour les éditeurs de céder les droits de leurs livres en sous-licence à des éditeurs d’une même langue dans un autre territoire. Voici sa réponse… Il y a toujours eu des gros éditeurs à New York, Londres, Paris, Madrid ou Barcelone qui ont cherché à acquérir les droits mondiaux des oeuvres originales dans leur langue. Ils distribuent et vendent leurs livres dans leur marché principal, soit directement, soit par l’entremise de grossistes à qui ils concèdent une remise autour de 55%. La plupart de ces maisons distribuent dans les marchés extérieurs par l’entremise de filiales locales. En général, les éditeurs indépendants ont des ententes de distribution avec des grossistes importateurs locaux à qui ils offrent des remises supérieures pour couvrir les frais de transport. Pourtant, ces éditeurs indépendants ont presque toujours avantage à céder les droits de distribution dans les territoires étrangers à des éditeurs locaux. Ils n’ont pas à investir dans des stocks à l’étranger et à en payer le transport. S’ils cèdent les droits en sous-licence, ils conservent habituellement la moitié des redevances perçues sur les ventes à l’étranger et l’entièreté des montants forfaitaires payables à la signature de la sous-licence: un « per page offset fee » et/ou une contribution au « plant cost » (coût de développement du livre en question). Ces montants encaissés n’ont encouru aucun risque ni investissement et constituent un profit clair « straight bottom-line profit » pour l’éditeur original. Par ailleurs, les distributeurs locaux n’apprécient...

Comment vendre les droits étrangers – La Promotion

Afin de maximiser la visibilité et, à terme, les profits d’un livre, il est nécessaire de mettre en place simultanément deux types d’actions de promotion ; l’un porté sur les ventes du livres, l’autre centré sur la vente des droits étrangers de ce livre. Augmentation des chiffres de ventes   La vente des droits étrangers constitue une importante source de revenu pour les éditeurs et auteurs et donne aux titres une portée internationale qui renforce ainsi la visibilité et la crédibilité des œuvres  littéraires. Certains genres littéraires se prêtent plus facilement que d’autres à la vente de droits étrangers, tels que la littérature non-fictionnelle traitant de développement personnel ou encore de commerce. Cependant, il existe de nombreuses initiatives lancées par des centres littéraires et de traduction à travers le monde visant à supporter la traduction d’œuvres littéraires de fiction ou même de poésie. Traduction et Adaptation De nombreux instituts culturels soutiennent les éditeurs au travers de subventions des coûts de traduction. Quand cela n’est pas le cas, c’est habituellement l’éditeur étranger acquéreur qui assume ces coûts. En Avril 2013, j’ai assisté à ce qui s’est avéré être l’une des dernières lectures publiques du poète Irlandais Seamus Heaney – un événement qui marquait l’ouverture du Centre de Traduction Littéraire du Trinity College, à Dublin. Heaney était accompagné de 9 traducteurs, chacun ayant travaillé sur la traduction d’une sélection de ses poèmes. Ces différentes traductions avaient ensuite étaient publiées dans leurs langues et pays respectifs. Je fus immédiatement remplie de fierté à l’idée que de la poésie écrite en Irlande puisse être comprise et appréciée dans différentes langues tout autour du monde....

Un réseau de co-agents – à quoi ça sert ?

Q. Comment un agent de droits serait-il capable de vendre un livre, disons venant du Canada anglais, à travers le monde ? R. Il est presque impossible de le faire tout seul et si l’on veut le faire sans aucune aide on risque de négocier avec des partenaires douteux et d’obtenir des conditions désavantageuses. Pour minimiser ces risques et bien sûr pour garantir la portée la plus grande pour un titre, la plupart des agences de droits internationaux, ou bien des foreign rights agencies comme Montréal-Contacts, travaille avec un réseau de co-agents. L’avantage d’un réseau de co-agents Une vingtaine d’agences étrangères nous assiste dans la vente de droits – dans leurs territoires respectifs. L’avantage est clair : les agents locaux connaissent les éditeurs de leur territoire personnellement, ils connaissent les conditions courantes de leur marché, ils savent quel éditeur est un partenaire sérieux et, plus important encore – ils sont conscients des tendances littéraires et populaires de leur pays. Un marché homogène international du livre, ça n’existe pas. Certes, on peut croire que le marché américain dicte les modes des genres populaires – la plupart des bestsellers internationaux des dernières années ont été écrits par des auteurs venant des États-Unis – et produit une grande partie des livres intellectuels en toutes sciences. Les Européens par contre aiment se voir comme créateurs d’une littérature élevée dans l’esprit des grands penseurs et écrivains des derniers siècles. Mais en regardant seulement ces deux continents, on renie une partie importante de la création littéraire et scientifique contemporaine. Avec la diversité des genres viennent une diversité des goûts et une diversité d’habitudes économiques, différents  sur tous les continents. Quelques territoires...