Des confidents amicaux aux requins de négociation

Le rôle des agents de droits et des agents d’auteurs a beaucoup changé au cours des dernières années. Il y a 10 ans, les à-valoirs d’un titre prometteur pouvaient facilement atteindre des centaines de milliers de dollars sur le marché international – les livres avaient alors une valeur financière et économique importante, ce qui n’est plus autant le cas depuis le début de la dernière crise économique. Entre 2000 et 2008, les éditeurs ont tenté de rester optimistes, investissant bien souvent dans plus de titres qu’ils ne pouvaient réellement se le permettre, avant de finalement restreindre leurs acquisitions et réduire la valeur de leurs offres, reléguant ainsi le livre au rôle d’atout culturel plutôt qu’acteur économique. Pour un auteur, la personne la plus importante était auparavant son éditeur, qui travaillait avec lui dès l’étape de l’écriture, mais qui se comportait également toujours comme un confident, ou même un thérapeute dans le cas d’un « writer’s block ». Aujourd’hui, les maisons d’éditions réduisent leurs effectifs et le marché du livre a connu une chute énorme au niveau financier et en terme de chiffres de vente. Alors comment s’y adapter ? On pourrait dire que le marché international s’est personnalisé. Il est important de se faire connaître, d’avoir des relations et de se rencontrer personnellement, notamment pendant les foires internationales du livre à London, à Pékin, à Bologne ou à Frankfort. Les à-valoirs importants se font rares ; les droits d’un titre de Dan Brown peuvent se vendre à un million d’euros sur le marché international, mais les ventes n’iront pas justifier cet investissement par la suite. Cela peut arriver dans...